Je vous invite à voir ou à revoir le film "Le dernier Samouraï" avec Tom Cruise. Notez que quand les cinéastes américains produisent des films sur l'autisme, ou avec un autiste, ou quand ils font intervenir des personnages autistes dans leurs téléséries, ils tombent souvent dans la caricature ou dans l'incompréhension. Mais quand l'autisme se montre indépendamment de la volonté de ces producteurs, ils sont criants de vérité. Il en est ainsi pour le docteur House (premières saisons), le docteur Lightman (Lie to Me), William Forrester, campé par Sean Connery (A la rencontre de Forrester), ou le docteur Manhattan (Watchmen - Les Gardiens).
Dans "Le dernier Samouraï", donc, observez le mode de vie qu'on y montre, indépendamment de la rectitude historique du film sur le rôle politique des Samouraïs. Vous y verrez là des gens qui, comme les Indiens de l'Amazonie ou les moines himalayens, ne vivent pas sur l'importance de la quantité des choses qu'on peut faire, mais sur celle de la qualité de chaque chose faite. Là, dans ce monde où on ritualise chaque geste (un monde influencé par Confucius ou Lao Tseu) où on fait bien au lieu de faire plus, il y aurait des gens handicapés, oui, mais les autistes (ceux qui n'ont pas, par ailleurs, des ennuis de santé comme la paralysie ou l'atrophie cérébrale, car dans ces cas l'autisme se définit plutôt par "traumatisme cérébral"), les autistes "simplement" autistes, donc, s'y retrouveraient bien plus et ainsi, on observerait l'incidence d'autisme qu'on a connus avant les années '70, avant l'avènement du culte de la performance : environ un enfant sur 5000 serait reconnu "autiste".
Voici quelques chiffres (pour révision). L’autisme a connu une montée aussi fulgurante que récente : un enfant sur 5000 (avant 1970), un sur 500 (1990), un sur 150 (depuis 2000) un sur 90 (USA, 2010). Cela n'est pas accompagné par une diminution équivalente de diagnostics d'autres formes de "handicaps" d'ordre social ou mental. En outre, c'est génétique, donc ça ne peut pas être épidémique, et d'ailleurs les autistes se reproduisent très peu (même chez les Asperger).
Ce qu'on connaît ici, c'est l'annonce de ce qui s'en vient : un monde tellement crasse, qu'on exige maintenant le multitâche partout, et si possible l'éventualité d'offrir des enveloppes brunes ou de se mettre en position d'en recevoir. Le plus brillant des Asperger ne fonctionne tout simplement plus dans cette société. L'autisme est un mal social. Un mal de société, qui normalise, réglemente et se fonde sur l'argent. Je n'entre pas dans ce moule : je ne suis pas isolé parce que je suis autiste, mais parce qu'on m'isole. Je ne suis pas conforme. Ça ne fait de moi ni un imbécile, ni un mauvais homme. De tout temps dans l'histoire, on m'aurait dit "Toi, tu es bon là-dedans, fais ça". Ça ne fonctionne plus comme ça aujourd'hui.
Dans un reportage au sujet de feu Gaston L'Heureux, je voyais celui-ci qui racontait cette anecdote : "À 19 ans, je suis allé dans les bureaux du journal Le Soleil. Ils m'ont demandé ce que je pouvais faire. J'ai répondu que je savais écrire. Ils m'ont dit que c'était bien correct, que j'étais engagé. Aujourd'hui, ça ne marche plus de même..."
C'est le moins qu'on puisse dire. Ici, même des métiers de base comme pompiste, ou employé chez McDo, ne me sont pas accessibles. Ce sont des métiers "multitâches". Mais ça n'a pas toujours été comme ça. Qu'on se rappelle de ce genre de métiers, quand nous étions petits.
J'ai récemment échoué une entrevue d'embauche pour le métier d'éboueur. ÉBOUEUR ! Pourquoi ? Parce qu'un homme de mon âge et de mon expérience, m'a-t-on dit, au sein de la compagnie, fait des choses plus "valorisantes" (entendre : multitâches), comme travailler au jour le jour avec plusieurs types de choses à faire : conduire des 18 roues, vider des fosses septiques, faire le ramassage de déchets lourds, sans savoir de quoi demain sera fait. Conduire les "camions de vidanges", on garde ça pour les jeunes, sans expérience, pour les habituer à la conduite d'un camion. Penser autrement, c'est manquer d'ambition. Or pendant cet entretien, on m'a spécifié qu'on cherchait quelqu'un de "raisonnablement" ambitieux. AMBITIEUX ! Où est-il passé le temps où un homme pouvait chercher un métier tranquille et routinier pour finir sa vie "active" ?
C'était la complainte de l'éboueur qui manquait d'ambition...
J'ai voulu être cariste (conducteur de ces petits chariots élévateurs). Mais il faut suivre un cours pour ça. Oui. Et payer quelques centaines de dollars pour le suivre (à Charlesbourg, au nord de Québec, dans mon cas, alors que je demeure à plus de cent kilomètres de là). Et quand on est sur l'Aide sociale, n'est-ce pas...
"Sept minutes", m'a dit un ami à ce sujet. "Pardon ?" me suis-je questionné. "On m'a montré comment fonctionne un chariot en sept minutes, puis on m'a laissé travailler."
Les règles, le conformisme, l'argent...
Je suis un orateur et un écrivain. Je pratique la philosophie et je suis musicien. Malheureusement, rien d'autre. Bienvenue au Royaume de l'Aide sociale ! L'autisme me mène à l'isolement ? Pas du tout. Il y a des sociétés au sein desquelles l'autisme ne m'isolerait pas, au contraire ! Et mes deux fils sont intégrés socialement, bien mieux que moi. Il suffisait de leur offrir, à temps, une pédagogie qui leur convenait.
Le secret de la "guérison" de mon fils, autiste mutique, "déficient intellectuel", perdu dans son monde ?
1- L'apprentissage du langage parlé (ce n'est pas inné mais acquis chez les autistes mutiques, mais j'ai démontré ailleurs, à quel point ça tient à peu de chose) grâce aux pictogrammes - et ce n'est pas nouveau : en Extrême-Orient, l'écriture est née de pictogrammes figuratifs.
2- L'éducation d'un enfant qui SAIT qu'il n'est pas handicapé, mais différent, et dont le modèle paternel est autiste.
Le danger avec les autistes mutiques, c'est que leur intelligence, "a priori" intacte, demeure à l'état de potentiel. Mais il y a eu des sociétés où même eux auraient appris, comparativement au monde social dans lequel nous sommes plongés, ici et maintenant.
Chez les Bochimans, un Occidental normal aurait bien des difficultés à se sentir bien. Ainsi, un Bochiman trouverait bien fou, et très tordu, ce qui se passe ici, et il voudrait quitter très vite notre Occident, pour retrouver son monde, sa vie, ses journées d'Afrique. Ici, il serait isolé. Quand affirmera-t-on que le fait d'être Bochiman mène à l'isolement ?
Lorsque a eu lieu la Perestroïka, Alexandre Soljenitsyne, jusqu'alors exilé et vivant au Vermont (isolé et reclus, après une période d'actions oratoires et écrivaines), Soljenitsyne donc, est retourné en Russie en déclarant "A quoi bon parler librement quand personne n'écoute."
Je n'ai rien contre la notion de "handicap". Je suis handicapé. Je suis obèse et diabétique (pourtant pas sédentaire). Mais l'autisme n'est pas un handicap, simplement. Des signes trompeurs (parce que semblables en apparence) peuvent mener à un diagnostic d'autisme alors qu'il s'agit de traumatisme cérébral, comme je le disais. On se remet rarement d'un traumatisme cérébral. Mais l'autisme n'est pas EN SOI, un frein au développement. Le développement de l'autiste est stoppé par le monde tel qu'il se dessine autour de nous.
La société doit se remettre profondément en question. Les journaux le crient à coups de titres dont chaque lettre est grande comme ma main. Mais ça ne se fera pas de notre vivant. Beaucoup de glace aura fondu...
____________________ © Stephan Blackburn
Dans "Le dernier Samouraï", donc, observez le mode de vie qu'on y montre, indépendamment de la rectitude historique du film sur le rôle politique des Samouraïs. Vous y verrez là des gens qui, comme les Indiens de l'Amazonie ou les moines himalayens, ne vivent pas sur l'importance de la quantité des choses qu'on peut faire, mais sur celle de la qualité de chaque chose faite. Là, dans ce monde où on ritualise chaque geste (un monde influencé par Confucius ou Lao Tseu) où on fait bien au lieu de faire plus, il y aurait des gens handicapés, oui, mais les autistes (ceux qui n'ont pas, par ailleurs, des ennuis de santé comme la paralysie ou l'atrophie cérébrale, car dans ces cas l'autisme se définit plutôt par "traumatisme cérébral"), les autistes "simplement" autistes, donc, s'y retrouveraient bien plus et ainsi, on observerait l'incidence d'autisme qu'on a connus avant les années '70, avant l'avènement du culte de la performance : environ un enfant sur 5000 serait reconnu "autiste".
Voici quelques chiffres (pour révision). L’autisme a connu une montée aussi fulgurante que récente : un enfant sur 5000 (avant 1970), un sur 500 (1990), un sur 150 (depuis 2000) un sur 90 (USA, 2010). Cela n'est pas accompagné par une diminution équivalente de diagnostics d'autres formes de "handicaps" d'ordre social ou mental. En outre, c'est génétique, donc ça ne peut pas être épidémique, et d'ailleurs les autistes se reproduisent très peu (même chez les Asperger).
Ce qu'on connaît ici, c'est l'annonce de ce qui s'en vient : un monde tellement crasse, qu'on exige maintenant le multitâche partout, et si possible l'éventualité d'offrir des enveloppes brunes ou de se mettre en position d'en recevoir. Le plus brillant des Asperger ne fonctionne tout simplement plus dans cette société. L'autisme est un mal social. Un mal de société, qui normalise, réglemente et se fonde sur l'argent. Je n'entre pas dans ce moule : je ne suis pas isolé parce que je suis autiste, mais parce qu'on m'isole. Je ne suis pas conforme. Ça ne fait de moi ni un imbécile, ni un mauvais homme. De tout temps dans l'histoire, on m'aurait dit "Toi, tu es bon là-dedans, fais ça". Ça ne fonctionne plus comme ça aujourd'hui.
Dans un reportage au sujet de feu Gaston L'Heureux, je voyais celui-ci qui racontait cette anecdote : "À 19 ans, je suis allé dans les bureaux du journal Le Soleil. Ils m'ont demandé ce que je pouvais faire. J'ai répondu que je savais écrire. Ils m'ont dit que c'était bien correct, que j'étais engagé. Aujourd'hui, ça ne marche plus de même..."
C'est le moins qu'on puisse dire. Ici, même des métiers de base comme pompiste, ou employé chez McDo, ne me sont pas accessibles. Ce sont des métiers "multitâches". Mais ça n'a pas toujours été comme ça. Qu'on se rappelle de ce genre de métiers, quand nous étions petits.
J'ai récemment échoué une entrevue d'embauche pour le métier d'éboueur. ÉBOUEUR ! Pourquoi ? Parce qu'un homme de mon âge et de mon expérience, m'a-t-on dit, au sein de la compagnie, fait des choses plus "valorisantes" (entendre : multitâches), comme travailler au jour le jour avec plusieurs types de choses à faire : conduire des 18 roues, vider des fosses septiques, faire le ramassage de déchets lourds, sans savoir de quoi demain sera fait. Conduire les "camions de vidanges", on garde ça pour les jeunes, sans expérience, pour les habituer à la conduite d'un camion. Penser autrement, c'est manquer d'ambition. Or pendant cet entretien, on m'a spécifié qu'on cherchait quelqu'un de "raisonnablement" ambitieux. AMBITIEUX ! Où est-il passé le temps où un homme pouvait chercher un métier tranquille et routinier pour finir sa vie "active" ?
C'était la complainte de l'éboueur qui manquait d'ambition...
J'ai voulu être cariste (conducteur de ces petits chariots élévateurs). Mais il faut suivre un cours pour ça. Oui. Et payer quelques centaines de dollars pour le suivre (à Charlesbourg, au nord de Québec, dans mon cas, alors que je demeure à plus de cent kilomètres de là). Et quand on est sur l'Aide sociale, n'est-ce pas...
"Sept minutes", m'a dit un ami à ce sujet. "Pardon ?" me suis-je questionné. "On m'a montré comment fonctionne un chariot en sept minutes, puis on m'a laissé travailler."
Les règles, le conformisme, l'argent...
Je suis un orateur et un écrivain. Je pratique la philosophie et je suis musicien. Malheureusement, rien d'autre. Bienvenue au Royaume de l'Aide sociale ! L'autisme me mène à l'isolement ? Pas du tout. Il y a des sociétés au sein desquelles l'autisme ne m'isolerait pas, au contraire ! Et mes deux fils sont intégrés socialement, bien mieux que moi. Il suffisait de leur offrir, à temps, une pédagogie qui leur convenait.
Le secret de la "guérison" de mon fils, autiste mutique, "déficient intellectuel", perdu dans son monde ?
1- L'apprentissage du langage parlé (ce n'est pas inné mais acquis chez les autistes mutiques, mais j'ai démontré ailleurs, à quel point ça tient à peu de chose) grâce aux pictogrammes - et ce n'est pas nouveau : en Extrême-Orient, l'écriture est née de pictogrammes figuratifs.
2- L'éducation d'un enfant qui SAIT qu'il n'est pas handicapé, mais différent, et dont le modèle paternel est autiste.
Le danger avec les autistes mutiques, c'est que leur intelligence, "a priori" intacte, demeure à l'état de potentiel. Mais il y a eu des sociétés où même eux auraient appris, comparativement au monde social dans lequel nous sommes plongés, ici et maintenant.
Chez les Bochimans, un Occidental normal aurait bien des difficultés à se sentir bien. Ainsi, un Bochiman trouverait bien fou, et très tordu, ce qui se passe ici, et il voudrait quitter très vite notre Occident, pour retrouver son monde, sa vie, ses journées d'Afrique. Ici, il serait isolé. Quand affirmera-t-on que le fait d'être Bochiman mène à l'isolement ?
Lorsque a eu lieu la Perestroïka, Alexandre Soljenitsyne, jusqu'alors exilé et vivant au Vermont (isolé et reclus, après une période d'actions oratoires et écrivaines), Soljenitsyne donc, est retourné en Russie en déclarant "A quoi bon parler librement quand personne n'écoute."
Je n'ai rien contre la notion de "handicap". Je suis handicapé. Je suis obèse et diabétique (pourtant pas sédentaire). Mais l'autisme n'est pas un handicap, simplement. Des signes trompeurs (parce que semblables en apparence) peuvent mener à un diagnostic d'autisme alors qu'il s'agit de traumatisme cérébral, comme je le disais. On se remet rarement d'un traumatisme cérébral. Mais l'autisme n'est pas EN SOI, un frein au développement. Le développement de l'autiste est stoppé par le monde tel qu'il se dessine autour de nous.
La société doit se remettre profondément en question. Les journaux le crient à coups de titres dont chaque lettre est grande comme ma main. Mais ça ne se fera pas de notre vivant. Beaucoup de glace aura fondu...
Plain and simple! I like your work!
RépondreSupprimeraroma therapy
I really enjoyed this post. You write about this topic very well. There are many cherished moments in life, why not wear a beautiful dress! When looking back on special memories of your child wearing a gorgeous dress, it will make a fond memory.
RépondreSupprimergeneric nolvadex
Thank you :)
RépondreSupprimerBonjour. Vous avez déjà enseigné la philosophie? Où? Quel est votre niveau d'étude acquis et pourquoi n'enseignez-vous plus?
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